Enquête généalogique · août 2026

Quatre siècles
dans un rayon
de vingt-cinq kilomètres

Quatre cent vingt-six ancêtres d'une même famille du pays d'Ancenis, reconstitués de 1527 à nos jours. Presque tous laboureurs, presque tous nés entre l'Erdre et la Loire. Et, sur une branche latérale, une fille de laboureur des Touches qui embarqua en 1781 pour Saint-Domingue et dont le fils allait devenir le plus célèbre peintre d'oiseaux du monde.

426ancêtres directs
16générations
11communes principales
1527ancêtre le plus ancien
I · L'arbre

Quatre cent vingt-six personnes,
rangées en cercles

Chaque anneau est une génération, chaque secteur un ancêtre. Le vert signale une personne identifiée, le beige une case restée vide. Les noms n'apparaissent que sur les quatre premiers anneaux : au-delà, ils deviendraient illisibles, mais le dessin continue de dire l'essentiel.

Yann Bonnet · 1981 Loïc BONNET Marie-Thérèse MULOISE Louis BONNET Andrée DEVAIS Joseph MULOISE Marie BLANCHET Louis BONNET Marie Bernardeau Felix DEVAIS Jeanne GERGAUD Joseph MULOISE Marguerite JUVIN René BLANCHET Orélie DUPONT BONNET Cottineau BERNARDEAU GUIHARD Gergaud Jumois MULOISE GUERIN JUVIN OUARY BLANCHET RICHARD DUPONT CHAPEAU G1 G2 G3 G4 G5 G6 G7
II · Ce que la mémoire retient

L'échelle des générations

Chaque génération double le nombre théorique d'ancêtres : 2 parents, 4 grands-parents, 8 arrière-grands-parents. À la seizième, il en faudrait 65 536. Le tableau confronte ce que la théorie exige à ce que les registres ont livré. La chute est le sujet même de toute généalogie.

génération connus théoriques part retrouvée G1 2 2 100 % G2 4 4 100 % G3 8 8 100 % G4 14 16 88 % G5 16 32 50 % G6 24 64 38 % G7 34 128 26,6 % G8 38 256 14,8 % G9 45 512 8,8 % G10 58 1 024 5,7 % G11 59 2 048 2,9 % G12 51 4 096 1,2 % G13 40 8 192 0,5 % G14 22 16 384 0,1 % G15 9 32 768 < 0,1 % G16 2 65 536 < 0,1 %

Jusqu'à la quatrième génération, la mémoire tient : quatorze arrière-arrière-grands-parents sur seize. Puis les registres paroissiaux prennent le relais et le rendement s'effondre — 27 % à la septième génération, 3 % à la onzième. Le maximum absolu se situe à la onzième génération, avec cinquante-neuf ancêtres identifiés : c'est la limite pratique des registres de Loire-Atlantique, dont les plus anciens remontent au milieu du XVIe siècle.

III · Le pays

Un mouchoir de poche

Sur les 426 ancêtres, l'écrasante majorité naît dans une poignée de paroisses du nord de la Loire-Inférieure, entre l'Erdre et la Loire. Mésanger et Les Touches à elles seules en fournissent quatre-vingt-treize.

rayon de 25 km 10 km N Mésanger 56 Les Touches 37 Carquefou 25 Ligné 16 Riaillé 16 Petit-Mars 12 Saint-Herblon 11 Teillé 7 Bonnœuvre 6 Grand-Auverné 4 Pouillé-les-Côteaux 4 Nantes Ancenis Couëron enfance d'Audubon

Carte schématique. La taille des points est proportionnelle au nombre d'ancêtres nés dans la commune. Nantes et Ancenis figurent comme repères ; Couëron, en rouge, apparaîtra plus loin.

Cette concentration n'a rien d'anecdotique. Elle raconte une société où l'on épousait sa voisine, où la terre ne se quittait pas, et où les mêmes patronymes reviennent de génération en génération. Les actes en portent la trace directe : Pierre Ouary et Anne Ouarie, mariés vers 1730, étaient cousins. Toute la descendance remonte donc deux fois au même ancêtre du XVIe siècle, par deux chemins distincts.

Deux exceptions rompent ce cercle. Les Vavasseur, forgerons, viennent des confins du Morbihan et des Côtes-d'Armor, à cent cinquante kilomètres de là. Et une branche part pour l'Amérique — c'est l'objet de la dernière partie.

De quoi vivait-on

  • Laboureur22
  • Cultivatrice8
  • Cultivateur4
  • Forgeron3
  • Boulanger2
  • Aubergiste2
  • Maçon2
  • Métayer1
  • Menuisier1
  • Ménagère1

Métiers relevés sur les seuls ancêtres directs. « Laboureur » ne désigne pas un journalier : c'est le paysan qui possède son attelage et ses charrues, le haut de la hiérarchie villageoise.

Les communes d'origine

  • Mésanger56
  • Les Touches37
  • Carquefou25
  • Ligné16
  • Riaillé16
  • Petit-Mars12
  • Saint-Herblon11
  • Teillé7
  • Bonnœuvre6
  • Grand-Auverné4
  • Pouillé-les-Côteaux4

Les patronymes qui reviennent

OUARY 15BONNET 9MULOISE 9DUTERTRE 9JOURDON 8GODARD 8LEFEUVRE 8LEDUC 7SEBILLEAU 7DAVODEAU 7BLANCHET 6LERAY 6DELANOUE 6RIGAUD 6
IV · Vivre et mourir

Une espérance de vie qui recule
avant de bondir

Âge moyen au décès, calculé sur les 1 158 personnes de l'arbre dont on connaît à la fois la naissance et la mort, regroupées par demi-siècle de naissance.

40 50 60 70 61,4 1550-1599 n=59 52,1 1600-1649 n=164 51,9 1650-1699 n=212 49,6 1700-1749 n=196 51,9 1750-1799 n=198 46,3 1800-1849 n=155 53,8 1850-1899 n=119 72,7 1900-1949 n=48

La courbe se dégrade régulièrement du XVIIe au début du XIXe siècle, avec un creux marqué pour la génération née entre 1800 et 1849 — celle qui atteint l'âge adulte dans une campagne appauvrie et affronte les épidémies de choléra. Le redressement du XXe siècle est spectaculaire : plus de vingt-six années gagnées en un siècle.

Une réserve sur le premier point

Les 61 ans affichés pour la cohorte 1550-1599 sont un mirage statistique. Pour cette période, seules les personnes ayant vécu longtemps — donc laissé plusieurs actes — ont pu être identifiées. Les nourrissons morts sans baptême inscrit n'apparaissent nulle part. Le chiffre mesure la survie des documents, pas celle des gens.

Onze pour cent des personnes datées meurent avant cinq ans. Le chiffre réel était bien supérieur : ces enfants-là sont précisément ceux que les registres oublient le plus.

V · Trois vies

Sortir de l'anonymat
des registres

Un ancêtre paysan ne laisse en général que trois lignes : un baptême, un mariage, une sépulture. Trois hommes de cette lignée font exception, parce qu'un événement les a jetés dans les archives — une guerre civile, une industrie, une photographie.

7e génération

Jacques Guérin

vers 1747 — 7 juin 1794
boulanger, aubergiste, officier municipal

Il tenait à Riaillé une boulangerie et l'auberge de L'Écu de France, et servait la commune sous la Révolution. Le 19 prairial an II, les chouans du Segréen menés par Sarrazin font une incursion en Loire-Inférieure : ils massacrent une trentaine de républicains à Riaillé et détruisent le haut fourneau. Jacques Guérin est tué dans son arrière-boutique.

Son beau-frère Jacques Letort, maire de Saint-Mars-la-Jaille, avait été fusillé six mois plus tôt. Dans ce pays-là, la Révolution ne fut pas une abstraction parisienne : elle passa de ferme en ferme.

9e génération

François Vavasseur

1699 — 1762
forgeron aux Forges des Salles

Seule branche non paysanne de toute l'ascendance, et seule venue de Bretagne intérieure. Il travaillait au fond de la forêt de Quénécan, au sud de l'actuel lac de Guerlédan, dans un village sidérurgique complet : maison du maître de forges, logements ouvriers, cantine, école, chapelle.

Le site a cessé toute activité en 1877 et n'a pratiquement pas bougé depuis. Classé à l'inventaire des Monuments historiques en 1980, il se visite aujourd'hui — c'est l'un des rares endroits où l'on peut encore voir, presque intact, le décor de travail d'un ancêtre du XVIIIe siècle.

3e génération

Louis Frédéric Bonnet

1884 — 1957
brancardier, valet de ferme, cultivateur

Brancardier pendant la Grande Guerre. Son frère Henri y est tué en 1915, à vingt-neuf ans, dans l'attaque de Quennevières. Une photographie le montre en tenue, brassard au bras.

Avant d'exploiter une très petite ferme à Carquefou, il fut employé — « valet », disait-on dans la famille — du marquis de Dion, probablement au château de Maubreuil. Soit le même homme qui fonda les usines De Dion-Bouton, un temps premier constructeur automobile du monde. L'écart entre les deux destins, dans le même champ de vision, dit assez bien ce qu'était la société rurale de 1910.

Nous René Chollet officier public préposé pour l'exécution de la loi du 20 septembre 1792 dans le territoire de la commune de Riaillé, département de la Loire-Inférieure, district d'Ancenis, sur la déclaration qui nous a été faite par les veuves des ci-dessous dénommés assassinés… Registre d'état civil de Riaillé, 19 prairial an II
VI · 1914-1918

Cinq hommes

L'arbre recense cinq hommes en âge de combattre morts entre 1914 et 1916. Aucun n'est un ancêtre direct : ce sont des frères, des beaux-frères, des cousins. C'est exactement à cela que ressemble une famille après la guerre — les lignées continuent par ceux qui sont revenus.

Quennevières, Souain, Tahure : trois noms qui ne disent plus rien et qui furent, en 1915, des offensives entières.

VII · Le cousin d'Amérique

John James Audubon

Le plus célèbre peintre d'oiseaux du monde est né Jean Rabin, le 26 avril 1785 aux Cayes, à Saint-Domingue. Sa mère, Jeanne Rabine, était née vingt-sept ans plus tôt au hameau des Mazures, commune des Touches — dans la paroisse même où les Ouary labouraient depuis deux siècles. Les deux lignées partent du même homme.

Portrait de John James Audubon
John James Audubon. Le naturaliste posa en trappeur pour servir sa légende américaine. Library of Congress, domaine public · Wikimedia Commons
Portrait commémoratif d'Audubon entouré de vignettes d'oiseaux
Portrait commémoratif, entouré de vignettes tirées de ses planches. Library of Congress, domaine public · Wikimedia Commons

Les deux branches

Guillaume Ouary, laboureur aux Touches, meurt en 1652. Deux de ses enfants ouvrent deux histoires sans rapport : son fils Pierre reste au village, sa fille Renée est à l'origine de la lignée qui mènera à Audubon. Onze générations d'un côté, sept de l'autre.

Guillaume Ouary vers 1566 – 1652 · Les Touches Pierre Ouary 1630–1697 Julien Ouary 1664–1723 Pierre Ouary 1701–1774 Julien Ouary 1738–1785 François Ouary 1774–1847 Léon Julien Ouary 1824–1903 Marie Rosalie Ouary 1855–1939 Marguerite Juvin 1892–1958 Joseph Muloise 1927–2020 génération suivante Yann Bonnet 1981 Renée Ouary 1625–1711 Luc Callo 1658–1688 Marie Callo 1683–1715 Marie Letexier 1712–1788 Guillaume Rabine 1734–1802 Jeanne Rabine 1758–1785 John James Audubon 1785–1851

Cousinage au sixième degré, avec quatre générations d'écart.

Jeanne Rabine, fille de chambre

Baptisée aux Touches, à l'église Sainte-Mélaine, le 14 mars 1758. Le tanneur Cébron, voisin du hameau des Mazures, la recommande à Jacques Pallon de la Bouverie, juge en retraite devenu planteur. Le 23 octobre 1781, elle embarque quai de la Fosse à Nantes sur Le Conquérant, avec la famille Pallon, pour Saint-Domingue. Elle a vingt-trois ans et ne reverra jamais la Bretagne.

Aux Cayes, elle rencontre Jean Audubon, capitaine nantais, planteur et négrier, marié en France. Elle meurt quelques mois après la naissance de son fils, emportée par une fièvre tropicale. L'enfant est confié à Catherine Bouffard, compagne de son père, puis ramené en France en 1788.

Il grandit à La Gerbetière, à Couëron, chez l'épouse légitime de son père. En 1794, le couple l'adopte sous le prénom de Fougère — le nom du jour de sa naissance au calendrier républicain. En 1803, muni d'un faux passeport destiné à lui éviter la conscription, il embarque pour les États-Unis sous le nom de John James Audubon.

Église Sainte-Mélaine des Touches
L'église Sainte-Mélaine des Touches, paroisse de baptême de Jeanne Rabine en 1758. Llann Wé², CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons
Les Touches 1758 Naissance au hameau des Mazures Nantes 23 oct. 1781 Embarquement quai de la Fosse sur Le Conquérant Les Cayes 26 avril 1785 Naissance de Jean Rabin à Saint-Domingue Couëron 1788 Enfance à La Gerbetière, près de Nantes New York 1803 Départ pour les États-Unis sous un faux passeport

Une vie

  • 1785Naissance aux Cayes, à Saint-Domingue, sous le nom de Jean Rabin. Sa mère meurt quelques mois plus tard.
  • 1788Son père l'emmène en France. Il grandit à La Gerbetière, à Couëron, chez l'épouse légitime de celui-ci.
  • 1794Adopté sous le prénom de Fougère, nom du jour de sa naissance au calendrier républicain.
  • 1803Départ pour les États-Unis avec un faux passeport, destiné à lui éviter la conscription napoléonienne.
  • 1808Épouse Lucy Bakewell. Le couple part tenter sa chance sur la frontière du Kentucky.
  • 1819Faillite, prison pour dettes. Il n'a plus que son crayon pour vivre et se met au portrait.
  • 1826Embarque pour l'Angleterre avec 250 dessins, cherche graveurs et souscripteurs.
  • 1827Première livraison de The Birds of America. La gravure commence à Édimbourg chez Lizars, puis passe à Londres chez Havell.
  • 1838Dernière planche. Onze ans de parution, 435 planches, 1 065 oiseaux.
  • 1851Meurt à Manhattan, dans le domaine qui deviendra le quartier d'Audubon Park.

L'œuvre

The Birds of America est une folie technique autant qu'artistique. Audubon exige que chaque oiseau soit représenté grandeur nature : il faut donc du papier « double éléphant », le plus grand format disponible, et le flamant rose doit courber le cou pour tenir dans la page. Chaque planche est gravée à l'eau-forte et à l'aquatinte, puis coloriée à la main, une par une.

435planches gravées, coloriées à la main, publiées de 1827 à 1838
1 065oiseaux représentés, tous à taille réelle
97 × 66centimètres : le format « double éléphant », imposé par la taille du héron
11,5millions de dollars, record mondial pour un livre imprimé, Sotheby's 2010
Planche I : le dindon sauvage
Planche I : le dindon sauvage, gravé par W. H. Lizars à Édimbourg. Audubon fit du « gobbler » son sceau personnel, avec la devise America my country. BnF via Wikimedia Commons, domaine public · Wikimedia Commons
Planche V : la paruline du Canada
Planche V, première livraison. Chaque oiseau est peint grandeur nature, sur sa plante nourricière. BnF via Wikimedia Commons, domaine public · Wikimedia Commons

Le financement se fait par souscription, planche après planche, pendant onze ans. L'entreprise coûte à Audubon 115 640 dollars de l'époque — plus de deux millions d'aujourd'hui — qu'il finance en vendant des copies à l'huile, des portraits et des peaux d'animaux chassés en route. Moins de cent vingt exemplaires complets subsistent. En décembre 2010, l'un d'eux est adjugé 11,5 millions de dollars chez Sotheby's à Londres : le prix le plus élevé jamais payé pour un livre imprimé.

Trois anecdotes

Le fil d'argent. Au printemps 1804, à Mill Grove en Pennsylvanie, Audubon noue un fil d'argent à la patte de cinq oisillons — des moucherolles phébi — pour savoir si les oiseaux reviennent nicher où ils sont nés. Il affirme en avoir retrouvé deux l'année suivante. L'histoire lui vaut le titre de premier bagueur d'oiseaux d'Amérique. Elle est aujourd'hui contestée : un taux de retour de 40 % est vingt fois supérieur à ce qu'observent les ornithologues modernes, et une reconstitution des dates montre qu'il n'était pas en Pennsylvanie au printemps 1805.

Le canular des poissons. En 1818, le naturaliste Constantine Rafinesque séjourne chez lui dans le Kentucky. Une nuit, croyant capturer une chauve-souris d'espèce nouvelle, il fracasse le violon favori de son hôte. Audubon se venge en lui décrivant des poissons et des mammifères de l'Ohio entièrement imaginaires, que Rafinesque publie sérieusement comme espèces nouvelles.

L'aigle qui n'existait pas. Sa carrière décolle avec la « Bird of Washington », un aigle géant qu'il dit avoir observé et dont il fait une planche spectaculaire. Aucun spécimen n'a jamais été retrouvé, aucune observation indépendante n'est venue la confirmer, et les travaux récents concluent à une fabrication. L'oiseau qui l'a rendu célèbre n'a probablement jamais volé.

Ces trois épisodes ne retirent rien à l'œuvre. Ils rappellent qu'Audubon était aussi un entrepreneur en quête de souscripteurs, dans un milieu scientifique où la découverte d'une espèce valait une réputation.

Ce qui porte son nom

Une montagne du Colorado, d'abord : le mont Audubon, 4 032 mètres, dans les Indian Peaks du Front Range, au nord-ouest de Boulder. Un quartier de Manhattan ensuite, Audubon Park, bâti sur le domaine où il finit ses jours. Plusieurs oiseaux enfin — la paruline d'Audubon, l'oriole d'Audubon, le puffin d'Audubon.

Et surtout la National Audubon Society, fondée en 1905, plus d'un demi-siècle après sa mort et sans aucun lien avec sa famille. C'est aujourd'hui la plus ancienne et la plus vaste organisation de protection des oiseaux des États-Unis.

Ce nom fait débat. Audubon possédait des esclaves — neuf personnes travaillaient dans sa maison — les a vendus lors de sa faillite, en a racheté dans les années 1820, et s'est publiquement opposé à l'abolition. Le 15 mars 2023, après plus d'un an de consultation, le conseil d'administration de la National Audubon Society a voté le maintien du nom, estimant que l'organisation « dépasse le nom d'une seule personne », tout en engageant 25 millions de dollars pour ses programmes de diversité. Trois administrateurs ont démissionné.

Plusieurs sections locales ont tranché autrement et se sont rebaptisées « Bird Alliance » : New York, Chicago, Detroit, Washington, la baie de San Francisco. Le débat n'est pas clos.

Sa descendance

Ses deux fils survivants, Victor Gifford et John Woodhouse, épousèrent les deux filles de John Bachman, le pasteur-naturaliste de Charleston qui collabora aux Quadrupèdes vivipares d'Amérique : Maria Rebecca et Mary Eliza, mortes toutes deux avant trente ans, à un an d'intervalle. Les deux frères se remarièrent.

La lignée masculine américaine s'est ensuite presque éteinte. Selon le biographe Francis Hobart Herrick, William Bakewell Audubon (1847-1932), petit-fils du peintre, émigra en Australie ; son fils Leonard Benjamin, né en 1888, resta l'unique représentant mâle de la branche américaine des Audubon.

VIII · Le pays aujourd'hui

Les Touches

Deux mille six cent trente-huit habitants en 2023, canton de Nort-sur-Erdre. Le hameau des Mazures existe toujours. L'église Sainte-Mélaine, où Jeanne Rabine fut baptisée en 1758, a été reconstruite au XIXe siècle, mais la commune entretient la mémoire de celle qui en est partie.

Panorama depuis le Mont-Juillet aux Touches
Le bocage vu du Mont-Juillet : le paysage de neuf générations sur seize. Wikimedia Commons · Wikimedia Commons
Les Touches sur la carte de Cassini
Les Touches sur la carte de Cassini, levée peu avant le départ de Jeanne Rabine. Wikimedia Commons, domaine public · Wikimedia Commons
Église Sainte-Mélaine des Touches
L'église Sainte-Mélaine, reconstruite au XIXe siècle. Llann Wé², CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons